Latifa Gahouchi – Sénatrice – Députée régionale

Les fonds FEDER, essentiels pour notre avenir

Il y a peu, je diffusais ici un article sur les fonds FEDER dont Charleroi a bénéfice pour refaire totalement la Ville-haute. Ce mercredi, je suis intervenue en séance plénière du parlement wallon pour les aborder d’une manière globale et exposer la vision du groupe socialiste. Bonne lecture!

Intervention FEDER

Latifa Gahouchi

Séance plénière du mercredi 3 juin 2015

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre-Président,
Chers Collègues,

Jeudi dernier, 438 des 1.258 projets soumis aux gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour bénéficier de fonds européens FEDER ont été retenus pour un montant total de 1,1 milliard d’euros.

Pour rappel, ces projets seront soutenus à 50% par les finances wallonnes et communautaires, à 40% par le FEDER et à 10% par les opérateurs.

Les arbitrages gouvernementaux ont été dictés à plus de 95% par une task force d’experts universitaires et entrepreneuriaux dont le travail a été salué par l’Europe pour son efficacité et sa transparence.

Si, lors des programmations précédentes, l’accent avait été mis sur le respect de la législation communautaire (2000-20006) ou sur la stratégie de Lisbonne (2007-2013), cette programmation s’inscrit dans une politique d’investissement alignée sur la stratégie Europe 2020.

5 objectifs se dégagent : l’Emploi, la Recherche-Développement et innovation, le Changement climatique et l’énergie, l’Éducation, la Pauvreté et l’exclusion sociale.

L’alignement de la politique de cohésion sur les objectifs de la stratégie « Europe 2020 » doit ainsi permettre à l’Europe de devenir une économie intelligente, durable et inclusive en aidant ses États membres à assurer des niveaux élevés d’emploi, de productivité et de cohésion sociale.

Faut-il encore rappeler ici l’importance de la part dans le budget de l’Union européenne – plus d’1/3 ! – des instruments de la politique de cohésion pour accroître la compétitivité de l’Europe, sa cohésion sociale et créer davantage d’emplois.

Pour la période 2007-2013, cette politique a notamment permis, à l’échelle européenne, de créer 600.000 emplois et d’investir dans 200.000 PME.

En Wallonie, ce sont 81.500 personnes qui ont pu trouver un emploi, ce sont plus de 130 millions d’heures qui ont été financées et plus de 1.600 entreprises créées.

Des centres de compétences aux chèques technologiques en passant par l’opéra royal de Wallonie, grâce aux fonds structurels européens, la Wallonie se profile comme une région d’excellence.

Nous pouvons souligner l’importance de la nouvelle catégorie de « régions en transition », qui a permis à la Wallonie de bénéficier d’une manne importante.

Bien entendu, l’objectif reste de diminuer ces subventions, car nous ne pouvons nous satisfaire éternellement de ce statut.

A cet égard, nous pouvons ici rappeler le travail de Rudy Demotte, qui s’est battu à différents niveaux lors de la précédente législature pour que ces « régions en transition » soient reconnues comme une catégorie à part entière.

Au niveau wallon, les projets retenus concernent des plates-formes multimodales, des centres d’entreprises ou scientifiques, des réaménagements de centres urbains, des centres de technologie avancée, etc, avec les lignes de conduite suivantes ayant balisé les choix : efficacité énergétique, transition vers une société bas carbone, innovation et accès à la formation.

Les fonds FEDER participent également :

==== à la création et l’extension des capacités de pointe des PME ;

==== à l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables dans les entreprises ;

==== à la valorisation du potentiel des centres de recherche ;

==== à la promotion des investissements des entreprises dans l’innovation et la recherche ;

==== à l’attractivité des pôles urbains wallons, j’y reviendrai ;

==== au renforcement de la qualité de vie des citoyens ;

==== à l’utilisation rationnelle de l’énergie dans les entreprises ;

==== à la gestion intelligente de l’énergie dans les infrastructures publiques ;

==== à la mise en place de stratégies de développement à faible émission de carbone ;

==== à une dépollution des friches industrielles urbaines et une revitalisation des villes.

Je pourrais continuer longtemps à énumérer l’ensemble des secteurs touchés par les fonds FEDER tant ils sont nombreux.

Ce n’est pas mon objectif.

A travers ces exemples, j’entends simplement montrer que la politique de cohésion, à travers parfois des aspects techniques ou technocratiques, touche directement le citoyen wallon dans sa vie quotidienne.

Elle participe au bien-être de notre société en mettant l’accent, en ce qui concerne le FEDER, sur les aspects plus économiques.

Au-delà de l’appel à projets de 1,1 milliard d’euros, quelque 554 millions d’euros devront encore être attribués au bénéfice des entreprises.

85 millions d’euros seront également laissés, à la demande de l’Europe, à l’appréciation d’entités locales pour le développement urbain.

Nous le savons, notre région est diversifiée.

Afin de maximiser les effets des actions de redynamisation urbaine sur l’ensemble du territoire wallon, une priorité a été accordée dans un premier temps aux métropoles que sont Charleroi et Liège ainsi qu’aux grands pôles urbains touchés par un déclin postindustriel comme Verviers, Herstal, Seraing, Sambreville, La Louvière ou Mons, aux pôles urbains transfrontaliers Arlon, Tournai et Mouscron et à la capitale régionale, Namur.

Ces centres urbains ne doivent pas être entendus comme un centre-ville en tant que tel, mais bien comme une agglomération ou une zone urbaine élargie.

Il ne faudrait pas, dans cette volonté de concentration, se limiter aux seuls grands pôles urbains mais les considérer dans leurs relations avec la périphérie immédiate constitué de zones rurales ou semi-rurales.

Le défi des zones rurales est aussi celui du maintien de leur spécificité tout en permettant aux espaces ruraux d’être attractifs pour l’activité économique.

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Sans vouloir anticiper le débat qui suivra, nous pouvons constater, à la lecture de la répartition de ces fonds, que ceux-ci participent aux objectifs affichés par le PM 4.0.

==== En faisant du capital humain un atout,

==== En valorisant l’alternance comme dispositif permettant l’accès au marché du travail ou le retour à l’emploi,

==== En renforçant l’accès à l’enseignement supérieur et à la formation tout au long de la vie,

==== En sensibilisant à l’esprit d’entreprendre,

==== En soutenant le développement de l’industrie par une politique d’innovation et de croissance des entreprises,

==== En mobilisant le territoire à destination du développement économique,

==== En soutenant l’efficacité, la transition énergétique et l’économie circulaire,

==== En soutenant l’innovation numérique,

Les fonds FEDER s’inscrivent pleinement dans les objectifs du PM 4.0.

J’aurai pu tenir le même discours concernant les fonds FSE, qui mettent en avant la promotion de l’inclusion sociale ou la lutte contre la pauvreté, et qui touche à des matières en lien direct avec les aspects sociaux, mais ce n’est pas l’objet du débat de ce jour.

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Je voudrais conclure en ayant encore un mot sur les projets qui n’ont pas eu la chance de bénéficier des fonds FEDER.

Si les projets retenus ont fait des heureux, inévitablement, les projets qui n’ont pas été sélectionnés ont fait des déçus.

Il ne pouvait en être autrement et nous pouvons voir dans ces déceptions l’ampleur du dynamisme et des volontés de développement de l’ensemble des acteurs de notre région.

Faut-il pour autant enterrer tous ces projets ?

Certainement pas.

On retrouve dans tous ces dossiers des idées, des perspectives, des chantiers à mettre en oeuvre qui s’inspirent d’une même ambition pour la Wallonie.

Laisser tomber ces projets serait une grave erreur.

Nous devons faire en sorte qu’ils puissent vivre, s’exprimer, avec peut-être moins de moyens mais avec une volonté décuplée.

C’est maintenant vers d’autres moyens de financement que ceux-ci doivent se tourner pour que ces projets puissent se développer en dehors du FEDER.

Si les fonds FEDER auront ainsi permis à des projets de bénéficier de subvention, ils auront aussi été un formidable laboratoire d’idées.

Notre objectif doit être désormais, au-delà des aspects pratiques de la répartition des fonds, de transformer ces idées en réalisations concrètes.

C’est alors seulement que nous pourrons prendre pleinement la mesure du succès de la politique de cohésion.

Du succès de leur aboutissement se révélera aussi le dynamisme de notre région.

Je vous remercie.

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