Latifa Gahouchi – Sénatrice – Députée régionale

Encadrement différencié: le travail et le projet pédagogique ne se mesurent pas à l’aune d’un indice socioéconomique

Voici quelques jours, la presse a fait grand cas du classement des établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles établi sur la base de critères socioéconomiques et utilisé pour déterminer les écoles en encadrement différencié qui peuvent bénéficier d’un soutien plus important de notre Fédération. Ce n’est toutefois pas la publication du classement qui m’a interpellée. On peut en effet facilement trouver ces données et elles correspondent à l’indice socioéconomique du quartier où se trouve l’école. J’ai plutôt été choquée par la manière dont ce classement a pu être présenté par endroits, comme s’il distinguait les bonnes et les mauvaises écoles, celles où il faut envoyer ses enfants et celles où il ne faut absolument pas les inscrire.
C’est évidemment choquant. Il est profondément dérangeant de faire croire qu’il existe chez nous un classement des performances des écoles, comme cela peut se faire par ailleurs, à force de palmarès et de hiérarchie. La Fédération a toujours refusé d’établir un tel classement. Il en va cependant autrement pour l’encadrement différencié où il a fallu objectiver les besoins des écoles et déterminer celles qui en avaient le plus. C’est la
logique de la discrimination positive, lancée à l’époque par Laurette Onkelinx et développée en 2009 par Christian Dupont qui a permis de porter à 45 millions d’euros l’aide aux écoles connaissant le plus de difficultés. Sur un budget de près de six milliards, cette somme reste modique, mais cette aide a le mérite d’exister et de démontrer une
volonté de corriger la structure et la nature inégalitaire de notre enseignement.
Ce qui est le plus dommageable, c’est de laisser croire que le projet pédagogique et la force d’une équipe pédagogique se mesurent à l’aune de cet indice socioéconomique. Il existe tellement d’écoles extraordinaires, motivantes et performantes. Ce classement n’est pas celui de la performance des écoles. S’il existe des données relatives aux taux d’échec et à la maîtrise de la matière par les élèves, ce sont celles qui émanent des tableaux de bord des écoles (TABOR) et il faut se féliciter qu’elles restent anonymes et seulement à l’usage de l’administration et des services du gouvernement.

Ma question à la ministre: Question de Mme Latifa Gahouchi à Mme Joëlle Milquet – encadrement differencié

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